Une maison d’accueil temporaire

Un des secteurs d’activités de REVS+ est la prise en charge des orphelins et enfants vulnérables (OEV). C’est le service avec lequel j’ai collaboré durant mon séjour à REVS+, plus particulièrement avec Ardjata, que je vous présenterai dans un prochain article.

Il s’agit ici d’améliorer les conditions de vie des enfants affectés et infectés par le sida, en leur offrant une prise en charge globale et communautaire. C’est grâce à un partenariat avec la France, dans le cadre du projet Grandir, que tout cela est possible.

Un des services offerts est la maison d’accueil temporaire, appelée maison de transit.

C’est un lieu d’hébergement pour les enfants et adolescents séropositifs qui sont expulsées de leur famille ou qui n’ont pas de soutien familial (parents décédés ou qui ne peuvent s’occuper de leurs enfants).

La semaine passée, Ardjata m’a fait visiter la maison. J’y ai rencontré la nourrisse, une femme formidable ! C’est avec beaucoup d’amour qu’elle s’occupe de ces enfants, dont la vie est tellement hypothéquée. De leur côté, les enfants sont très attachés à elle, et le plus jeune ne veut pas la quitter.

Pour vous donner une idée, du nombre de pensionnaires, voici ce qu’écrit Ardjata, dans son rapport semestriel :
« Au 30 juin 2010, la maison héberge 6 personnes :
• 2 garçons de 4 et 2 ans,
• 3 adolescentes de 17, 16, et 14ans,
• Une jeune fille de 23 ans. »

Personnellement je me sens bien impuissante face à cette situation et l’avenir de ces enfants semblent tellement fragile… Ardjata s’occupe aussi d’un programme de parrainnage, je vous en parlerai une prochaine fois.

La gang de tricoteuses de REVS+ !

Avant de vous parler des tricoteuse, je voudrais vous présenter l’initiatrice du projet : Louise !

Volontaire Uniterra, Louise travaille à REVS+ comme conseillère à l’archivage. Louise a un grand coeur et elle a ramené beaucoup de choses dans ses valises, notamment des aiguilles et de la laine ! Lorsqu’elle a apporté tout ce matériel à REVS+, je ne suis pas sûre qu’elle se doutait de l’engouement qu’elle allait susciter…

Les malades du sida souffrent de beaucoup de discrimination et ont beaucoup de difficultés à trouver un travail. Les AGR, activités génératrices de revenus, leur permettent donc d’avoir une certaine autonomie financière. Il y a les femmes qui confectionnent des batik, celles qui préparent des repas, et bientôt les tricoteuses ! Au départ, la confection se limitait à réaliser une lavette à vaiselle, mais très vite les femmes ont voulu en faire beaucoup plus. Certaines qui n’avaient jamais eu d’aiguilles entre les mains, se sont lancé dans le tricot comme si elles en avaient toujours fait ! Bonnet, écharpe (et oui, ici dès qu’il fait +19, il fait froid, on sort son bonnet !) jupe pour enfant, châle, les modèles n’auront de limites que leurs créatrices ! Et voilà un AGR qui se crée avec une coordonnatrice, une formatrice et une trésorière, merveilleux !

La semaine dernière c’était la panique : y a plus de laine, ni de broches ! Je vous l’ai dit, Louise a un grand coeur.Accompagnées de deux femmes, nous sommes donc allé au marché acheter des aiguilles et de la laine pour les femmes. Pour les prochains achats, l’AGR devra faire quelques revenus d’arbord. Pour le moment, 2 lavettes ont été vendues, il y a 500 francs cfa dans la caisse, c’est un bon début !

Bravo Louise pour cette belle initiative, cela rend les femmes tellement heureuses !

Ballades dans Bobo

Superbe samedi dans Bobo. Avec Louise, une autre volontaire, Ardjata, une collègue de travail, et Pascal notre chauffeur, nous avons fait une petite virée dans Bobo.

Nous avons d’abord rencontré l’artiste peintre Momo. Ensuite, un petit tout au marché central, histoire d’acheter des épices, qui font toutes la saveur d’un plat ! Et bien sûr, nous n’avons pas pu résister aux magnifiques tissus…

Ensuite visite de Gafreh, une association de femmes qui récupèrent les sacs en plastiques et les transforments, vraiment formidable ! http://gafreh.ouvaton.org/index.php?option=com_content&task=blogcategory&id=25&Itemid=64

Un petit tour au quartier des bronzes, où nous avons rencontré l’artiste Kossy Traoré, vraiment sympathique et talentueux ! http://artkossy.over-blog.com/

1h30 déjà, il fait chaud, on a faim… On avait certes mangé un beignet vers 10h, mais le tourisme ça creuse ! Nous voilà attablés dans un petit restaurant bien ventilé, au menu pour Louise et moi : brochette de zébu et frites, poulet à l’ail et frites pour Ardjata et couscous légumes et frites pour Pascal, et on trinque à la flag !

Sur ce, je vous laisse, je vais faire une petite sieste, à bientôt…

Souper de filles

Samedi dernier, Louise (une volontaire également à REVS+) nous (Mathilde stagiaire à REVS+ et moi) avait invité pour un souper de filles. Mais mis à part le plaisir de partager ensemble un bon repas, le fun était aussi d’aller faire les courses et de préparer le repas ensemble. Pour cela rien de mieux que d’être accompagnées par des gens du pays : Pascal, notre chauffeur préféré et Sara comme cuisinière.
Nous voulions manger du poulet grillé. Premier achat donc le poulet. Après un peu de route, nous voici devant un poulailler où il nous faut choisir notre poulet vivant ! En moins de 20 minutes le poulet est choisi, tué, plumé, vidé et coupé ! Juste le temps de dire ouf, y a pas plus frais ! Tellement rapide que le cœur bat encore sur le comptoir alors que le poulet est déjà tout découpé !
Deuxième achat, un petit poêle, typique d’ici, pour faire griller notre poulet au charbon de bois. Nous arrivons donc dans une place où des hommes travaillent le métal. Il y a là toutes sortes de poêles, du plus petit pour le thé au plus grand pour préparer les repas. Certains sont même multi énergies et peuvent fonctionner au charbon ou au bois ! Bon, faut absolument que j’envoie une photo de ça à mon amoureux, je veux le même à la maison !
Qu’est que c’est facile de faire le marché avec Sara ! Elle connaît très bien la qualité des produits et négocie les prix très serrés. Elle travaille à son compte et cuisine principalement pour des étrangers vivant ici à Bobo. Elle est donc très habituée à négocier, d’ailleurs les marchands la connaissent très bien également et savent que c’est elle qui a le dernier mot !
Nous voici donc avec tous nos ingrédients. Nous aurons en entrée une belle salade verte avec tomates, oignons, concombre et avocat. Ensuite poulet grillé avec haricots verts et frites maison. Comme dessert du melon jaune (un produit de blanc, comme dit Sara, car assez cher vue sa taille. Il coûte plus cher que la pastèque et est bien plus petit). Le tout arrosé d’un bon vin rouge, Bordeaux 2005. Petite précision sur le prix des aliments importés de France, ils sont bien moins chers qu’au Canada. Même si cela reste hors de prix pour les Burkinabés.
Le poulet a mariné deux heures au frigo dans une sauce composée de lime, de moutarde de Dijon et d’épices. Il a cuit en à peine une demie heure, dans une grille, déposée sur le fameux poêle.
Délicieux, nous nous sommes régalées ! Merci Louise pour l’invitation, Mathilde pour la belle compagnie, Sara pour le merveilleux repas et Pascal pour les déplacements !